Court métrage: au delà de l’irréel

Court métrage: au delà de l’irréel

Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Chaque automne, le festival Court Métrange met le cinéma fantastique à la Une pour mieux interroger le réel. Tour d’horizon d’une 14e édition, non pas orange mécanique, mais bleue  métallique.

Et si demain, les humains devenaient les souris d’un laboratoire dirigé par les cobayes d’hier ? Impossible retour d’expérience, diront les septiques. Et pourtant, à l’image de l’effrayante mais non moins alléchante affiche imaginée par le studio Kerozen pour la 14e édition de Court Métrange, qui sait ce que l’avenir nous réserve…

Quand le réel dépasse la fiction

Intelligence artificielle, migration, vieillissement, folie… Des sujets de préoccupation bien réels, au cœur de la soixantaine de courts métrages à l’affiche cette année. « En période de crise, la production de films fantastiques foisonne, commente Antoine Mottier, membre du comité de sélection et éminence grise de l’association Univers7arrivé. « Cette année, 1200 courts métrages ont atterri dans la boîte de Court Métrange.  Leur visionnage le confirme : la plupart des films programmés sont des critiques modernes de la société. » Avec le second degré et un sacré sens de l’humour comme armes fatales, le genre cinématographique invite donc à traverser le miroir du monde contemporain pour mieux le regarder de l’extérieur.
« Le propos du festival est de présenter un panorama complet de la production contemporaine, sans que le gore ne prenne pour autant le dessus sur le reste », éclaire Antoine Mottier. Court Métrange ne passera donc pas son temps à faire gicler du sang sur les murs du TNB à grand renfort d’hémoglo-bobines de film, mais bien à répandre du sens dans l’esprit des spectateurs, le tout en prenant du plaisir.

Être ou ne pas être… artificiel

Parler de société tout en s’évadant de nos prisons intellectuelles : un louable propos et un beau projet renforcé par un cycle de conférences portant notamment sur le thème de l’intelligence artificielle. Premier président historique du jury de Court Métrange, c’est un Marc Caro (Delicatessen, La Cité des enfants perdus…) rétro futuriste, qui fait notamment son grand retour au festival.
À ne pas manquer, non plus, la conférence inaugurale d’Antoine Damasio, auteur de livres sur la société de contrôle. À moins que vous ne préfériez les propos de Daniel Tron, à l’origine d’une thèse sur « Brazil », célèbre film de science-fiction dénonçant les travers d’une société étranglée par ses tuyaux bureaucratiques. Une saga kafkaïenne dans laquelle le héros, un plombier un peu siphonné nommé Harry Tuttle, rêve chaque nuit qu’il s’envole pour sauver le monde. Et vous, à quoi rêvez vous ?

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